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Journée mondiale de la forêt tropicale 2026 : 10e anniversaire

Jeune personne tenant un jeune plant en terre, symbolisant le soin et la protection de la nature.

La Journée mondiale de la forêt tropicale est célébrée chaque année le 22 juin, et l’édition 2026 correspond au 10e anniversaire de ce rendez-vous.

Cette journée a été lancée en 2017 par le Partenariat pour la forêt tropicale, une organisation basée à Austin. Le collectif collabore avec des communautés locales et autochtones afin de protéger les forêts tropicales à travers le monde.

Le thème retenu cette année, « La forêt en vous », repose sur une idée accessible : où que l’on habite, chacun conserve un lien avec les forêts.

La Journée mondiale de la forêt tropicale tient à la fois de la célébration et du signal d’alarme. Elle invite à s’informer sur les forêts tropicales humides, à transmettre ces connaissances et à soutenir activement leur protection.

Chaque année, des villes, des établissements scolaires et des organisations de nombreux pays se mobilisent. L’initiative a une portée mondiale, à l’image d’un enjeu qu’aucun État ne peut régler isolément.

Ce que les forêts tropicales font pour nous

Les forêts tropicales ne représentent qu’environ 6 % des terres émergées. Pourtant, elles abritent près de la moitié de l’ensemble des plantes et des animaux vivant sur la terre ferme.

Elles jouent aussi un rôle central dans la « plomberie » de la planète : elles captent du carbone, rafraîchissent l’air et contribuent même à la formation de précipitations qui finissent par irriguer des exploitations agricoles très éloignées.

Ce lien passe facilement inaperçu. Lorsqu’une forêt est défrichée, les zones voisines deviennent plus chaudes et plus sèches, et les pluies peuvent diminuer sur plusieurs centaines de kilomètres.

Les forêts soutiennent la vie quotidienne

Plus d’un milliard de personnes dépendent des forêts pour se nourrir, accéder à l’eau ou gagner leur vie. Le café dans une tasse et le chocolat dans une main prennent souvent naissance sous la canopée d’une forêt tropicale.

Une partie importante de nos médicaments y trouve aussi son origine. De nombreux traitements sont issus de plantes de forêt tropicale et d’organismes qui y vivent.

Et la découverte continue : de nouvelles espèces apparaissent encore par centaines chaque année. Chacune rappelle tout ce que nous risquons de perdre avant même d’en avoir connaissance.

L’état des forêts tropicales dans le monde

La tendance récente a été préoccupante. Ces dernières années, les tropiques ont perdu un record de 6.7 millions d’hectares de forêt primaire, et, pour la première fois, les incendies ont constitué la principale cause.

Ces feux n’ont pas seulement détruit des arbres. En une seule année, ils ont libéré des milliards de tonnes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Puis les indicateurs ont commencé à s’améliorer. La perte de forêt primaire tropicale a baissé de 36 % en 2025, lorsque le Brésil, la Colombie et l’Indonésie ont resserré la lutte contre le défrichement.

La protection reste insuffisante

La conclusion est claire : lorsque les gouvernements décident d’agir, la perte forestière peut reculer rapidement.

L’Amazonie demeure la principale source d’inquiétude. Une étude a averti que jusqu’à la moitié de la région pourrait subir un stress sévère d’ici 2050, sous l’effet de la chaleur, des sécheresses, des incendies et du défrichement.

Certaines zones ont déjà basculé. Le sud-est de l’Amazonie relâche désormais plus de carbone qu’il n’en stocke, ce qui illustre à quel point le point de rupture peut être proche.

La pression touche aussi d’autres massifs. Le bassin du Congo, en Afrique - la deuxième plus vaste forêt tropicale - perd du terrain à mesure que le défrichement progresse.

Par ailleurs, le monde n’est pas au rendez-vous de ses engagements. La promesse mondiale de mettre fin à la perte de forêts d’ici 2030 prend un retard marqué.

Forêts tropicales essentielles aux États-Unis

Une forêt pluviale tempérée, fraîche et humide, s’étire le long du Pacifique, du nord de la Californie jusqu’à l’Alaska. La Tongass, en Alaska, constitue la plus grande forêt pluviale tempérée côtière intacte de la planète.

Son rôle climatique est considérable. La Tongass stocke près d’un cinquième de tout le carbone contenu dans l’ensemble du réseau des forêts nationales.

Ses cours d’eau nourrissent aussi bien au-delà de l’Alaska : ils fournissent environ un quart du saumon commercial pêché sur l’ensemble de la côte Ouest.

Porto Rico abrite la seule forêt tropicale du réseau. El Yunque accueille des centaines de milliers de visiteurs et fournit près d’un cinquième de l’eau potable de l’île.

Sur une surface réduite, la vie y est dense : la forêt héberge quelque 240 espèces d’arbres ainsi que le minuscule coqui, une grenouille que Porto Rico revendique comme emblème.

Ces forêts ne sont toutefois pas à l’abri des menaces. En 2025, le gouvernement fédéral a engagé une démarche visant à annuler une règle « sans routes » qui protégeait les terres sauvages des forêts nationales depuis 2001.

Le rôle des pays riches

Les pays les plus riches influencent l’avenir des forêts bien au-delà de leurs frontières. Les achats des consommateurs aux États-Unis et en Europe alimentent une grande part du défrichement tropical.

Le bœuf, l’huile de palme, le soja, le cacao, le café et le caoutchouc concentrent l’essentiel des impacts. À eux six, ces produits ont représenté environ 58 % de la perte forestière liée aux importations européennes.

L’Europe a adopté une loi pour écarter ce type de produits, avec une mise en œuvre à partir de fin 2026. Les États-Unis achètent à une échelle comparable, mais ne disposent pas de règle fédérale équivalente.

Comment participer

En 2026, le thème de la Journée mondiale de la forêt tropicale met l’accent sur l’action.

Même si les difficultés auxquelles font face les forêts tropicales peuvent sembler écrasantes, plusieurs des gestes les plus efficaces commencent par des choix du quotidien.

Les consommateurs peuvent privilégier du café, du chocolat et des produits en bois garantis sans déforestation, soutenir des organisations qui protègent les forêts et faire entendre leur voix lorsque l’avenir des terres publiques est en débat.

Les forêts tropicales peuvent paraître lointaines, mais leur influence dépasse largement les tropiques : elles contribuent à réguler le climat, soutiennent la biodiversité et font vivre des communautés partout dans le monde.

En marquant son 10e anniversaire, la Journée mondiale de la forêt tropicale rappelle que protéger ces forêts reste l’un des investissements les plus importants que nous puissions faire pour l’avenir de la planète.

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